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La beauté se cache là où tu ne la vois pas, Dans le regard de l'enfant qui t'observe Et te vénère comme si tu étais un Dieu vivant, Toi qui te désoles de ne plus t'émerveiller de rien. La beauté se propage dans ce doute qui te ronge Comme un mal nécessaire à ta renaissance, Pour mieux te faire rejaillir de tes cendres, Et se répandre comme une semence Sur les angoisses des hommes. La beauté se lit sur les lèvres De ce sourd-muet Qui prend la parole avec ses mains, Et caresse de ses gestes Toutes les splendeurs du monde. La beauté se moque de l'âge, Et tes rides sont tes alliées Comme des forces qui se déploient Pour triompher de ta vieillesse. La beauté se réfugie dans les yeux De ces amoureux timides, Qui n'osent pas s'embrasser, Emus comme perdus Dans le silence de leur cri d'amour. La beauté se noie dans la goutte d'eau Qui va rejoindre l'océan Et repart dans le ciel Pour créer des arcs-en-ciel Qui dansent au-dessus de toi. La beauté se glisse dans tes pensées Quand tu te sens si fort Que tous les malheurs du monde S'effondrent comme des châteaux de cartes Face à tant d'optimisme et de courage. La beauté survole les montagnes, Les vallées et les prés, Les fleuves et les fleurs, Elle te donne envie de rejoindre Ces oiseaux qui chantent et jouent, Posés comme une plume Sur le vent qui les emporte, Comme la musique que tu écoutes. La beauté se dévoile dans les mots De tous ces écrivains Qui se penchent sur leur feuille Comme des roseaux fragiles, Et qui suent à n'en plus finir En quête d'inspiration, Pour que l'enfant s'émerveille Et que l'adulte se passionne. La beauté s'érige dans les attitudes fières De ces sculptures qui t'éblouissent, Et qui traversent les siècles Comme des chênes indestructibles. La beauté se nourrit des messages de tes amis Qui se livrent mieux que des frères et soeurs En tapant sur leur clavier des phrases, Comme des symphonies secrètes Dans le silence et l'intimité de leur âme. La beauté s'inspire des courbes parfaites de la femme, Si belles et si captivantes, Que les couleurs se troublent Pour mieux s'épanouir Sous les pinceaux des peintres déconcertés. La beauté se réfugie dans les bras des mères et des pères Qui embrassent leurs enfants Avec tellement plus d'amour chaque jour, Que le bonheur en devient jaloux. La beauté se complait dans la tendresse infinie De ces couples magnifiques Qui ont fait de leur union Une résistance au temps qui passe. Enfin, la beauté se conjugue au présent et au futur Et à toutes les personnes, Dans toutes les langues, Dans tous les pays, Pour que les misères du monde Disparaissent à tout jamais Et se conjuguent pour toujours à l'imparfait.
Jean-michel Bartnicki ( le 27/07/2000) Lys-Lez-Lannoy, France
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